Mois : mars 2014

Nouveautés dans QScope 2.8.1

Ces derniers jours j’ai pris un peu de temps pour améliorer QScope, mon service d’analyse de logs en ligne. En effet, plusieurs “responsables d’états” dans le les opérations portables W1AW du centenaire de l’ARRL (http://www NULL.arrl NULL.org/centennial-qso-party) utilisent QScope pour faire leurs statistiques. Comme ils doivent regrouper des fichiers logs d’origines diverses, ils sont en demande de facilités supplémentaires pour gérer leurs logs.

En fait, c’est d’ailleurs une tendance générale. Alors qu’à l’origine j’avais pensé QScope pour être purement un outil de statistiques, les besoins exprimés par les utilisateurs m’y ont fait ajouter beaucoup de fonctionnalités périphériques. Aujourd’hui les gens sont en attente d’applications “en ligne” et de données “dans le cloud“, QScope correspond bien à cette vision. Alors que maintenant la base de statistiques de QScope est bien ferme, les nouveautés que je compte y intégrer dans les mois qui viennent sont plus orientées autour de la gestion des logs en général.

Toujours dans cette tendance, j’ai aussi ajouté de la souplesse au service de logs publics. Après avoir téléchargé votre cahier de trafic sur QScope, vous pouvez choisir de le rendre visible publiquement. Mieux encore, vous pouvez aussi choisir d’afficher avec chaque recherche un ou plusieurs groupes de statistiques pour ce log. Par exemple, sur ma page de résultats de recherche j’affiche la carte des DXCCs que j’ai contacté, la répartition de mes QSOs par continents, bandes et mode

QScope sur GoogleEarth XV4Y (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/QScope_GoogleEarth NULL.png)Une dernière amélioration dont je suis plutôt fier, c’est celle de Log Replay. Elle m’a été demandé par K9CT qui prépare des présentations pour les grands salons qui sont à venir au printemps aux USA. Maintenant, en plus des fichiers KML pour les DXCCs et Locators, un fichier contenant l’ensemble des QSOs d’un log avec leur date et heure de contact est généré. Une fois chargé dans Google Earth, vous pouvez rejouer ce fichier dans le temps et vous voyez les QSOs s’afficher un par un sur la carte. C’est très utile pour étudier la propagation par exemple. La notion de date et heure a aussi été ajoutée aux fichiers KML DXCCs et Locators ce qui permet de voir votre progression durant un concours radio.

Nouvelle version de l’IDE Energia qui supporte nouveaux LaunchPad

Texas Instruments LaunchPad Tiva C port Ethernet (http://43oh NULL.com/2014/03/energia-ve0012-release-adds-iot-and-fram-launchpad-support/)Une nouvelle version de l’IDE Energia, portage de l’environnement de développement Arduino pour les plateformes Texas Instruments, vient d’être annoncée. Cette release 0101E0012 apporte le support de deux cartes supplémentaires ainsi que la correction de nombreux bogues (http://energia NULL.nu/download/). Ces cartes Texas Instruments sont :

  • La nouvelle LaunchPad Tiva C (http://www NULL.ti NULL.com/ww/en/launchpad/launchpads-tivac-ek-tm4c1294xl NULL.html)EK-TM4C1294XL (http://www NULL.ti NULL.com/tool/ek-tm4c1294xl) avec processeur Cortex-M4 à 120Mhz, 1 Mo de Flash, 256Ko de SRAM et surtout un port Ethernet 10/100 pour moins de 20$!
  • La LaunchPad MSP-EXP430FR5969LP (http://www NULL.ti NULL.com/ww/en/launchpad/launchpads-msp430-msp-bndl-fr5969lcd NULL.html) avec 64Ko de FRAM qui est disponible dans un bundle avec un BoosterPack écran LCD pour moins de 30$.

Autre nouveauté très importante sur Energia, le support des DriverLib API de Texas Instruments qui apporte de nombreuses facilité de programmation pour les LaunchPad à MSP430 et Tiva C.

Nouvelles trafic et QScope

Premièrement mes excuses aux lecteurs du blog. J’écris très peu en ce moment, principalement par manque de temps, mais aussi parce qu’aucun sujet particulier n’attire mon attention.

Le peu de temps libre que j’ai eu ces derniers temps, je l’ai passé soit à améliorer mon outil de statistiques en ligne QScope, soit à tout simplement passer du temps devant la radio. Pour QScope, cela fera l’objet d’un article à part, mais en résumé je viens d’y ajouter une nouvelle fonctionnalité qui permet de faire un replay d’un log sur Google Earth. L’idée vient de Craig K9CT qui souhaitait étudier la propagation sur la bande des 160m avec comme source les logs de FT5ZM.

Pour le trafic, après quelques séances plutôt fructueuses sur 50 MHz lorsque les bandes HF n’offraient rien d’intéressant aux heures où je suis disponible, je suis revenu sur 15 mètres 12 et 10 mètres en début de soirée (vers 14h utc). Quelques éruptions solaires et l’éclairage LED du garage de mon voisin m’ont donné du fil à retordre certains soirs. D’autres fois comme hier, j’ai eu de très surprenantes ouvertures vers les USA sur 15 mètres via le long-path et de belles opportunités vers l’Afrique qui m’ont permis d’accrocher quelques beaux DX à mon tableau de chasse de l’année. J’ai même eu la joie d’un ATNO (All time new one) avec 4U1ITU, le siège de l’ITU à Genève durant le dernier concours Russian DX.

Je viens d’ailleurs de regarder mes statistiques et j’en suis à 105 entités DXCC depuis le début de l’année 2014. Je ne fais pas de suivi précis de tout cela, mais je pense que c’est un peu plus tôt que l’année dernière, et c’est plutôt bon signe pour le DX Marathon (http://www NULL.dxmarathon NULL.com/) dont je viens de recevoir le certificat pour 2012 (merci K9EL). Dans tous les cas je m’amuse bien et c’est ce qui compte!

Au passage, Dirk de WA4DT m’a envoyé un enregistrement de notre QSO sur 15 mètres. C’est toujours sympa de s’entendre et d’apprécier ainsi les conditions de traffic des autres. La qualité de réception était similaire de mon côté avec peut-être son signal un peu plus costaud mais plus de QRM car d’autres stations m’appelaient.

PS : Je viens de voir que j’en étais à 85 pays DXCC le 4 mars 2013 (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/2013/03/04/tx5k-clipperton/) pour l’année en cours. C’est donc nettement mieux cette fois!

Installer OpenWRT sur un routeur TP-Link WR941ND

OpenWRT écran principal (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/OpenWRT_WR941ND_main NULL.png)Voici un sujet qui sort un peu de la radio et plaira au geeks. Il plaira aussi à ceux qui comme moi ont abordé les télécommunications par la voie des réseaux et des routeurs. Pour faire bref, en conclusion, avec un matériel à 40 € et un logiciel open-source on fait aussi tout ce qu’on aurait aimé qu’un équipement à 10 000 € fasse il y a quinze ans. Si vous cherchez à mettre en place un vrai routeur complètement configurable avec un firewall complet, un accès ligne de commande SSH et une interface web avec SSL, des VLAN entre les ports du switch Ethernet et un cloisonnement avec le WiFi, des statistiques en temps réel complète et une visibilité totale sur ce que fait votre routeur, alors installez OpenWRT sur un routeur TP-Link WR941ND ou équivalent (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/toh/tp-link/tl-wr941nd). Le matériel est bon marché et vous pourrez même ajouter des modules supplémentaires à OpenWRT comme le DynDNS ou l’AX25 (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/doc/howto/start)Pour ceux qui ont des besoins de Hot-Spot (et qui se reconnaîtront), c’est du côté de WiFiDog qu’il faut regarder (http://dev NULL.wifidog NULL.org/).

J’ai une problématique. Mes chambres d’hôtes s’étendent sur deux maisons et un terrain de 1000m2. La maison principale est en brique et béton armé, pas le mieux pour laisser passer les ondes radios du WiFi. La solution que j’avais depuis quelques années était de mettre un routeur avec WiFi à la fenêtre du bureau du deuxième étage. La couverture sur la maison en bois était excellente, et par réflexions j’arrivais à couvrir presque toutes les pièces de la maison principale.

Le problème c’est qu’au fil des années mes voisins deviennent plus nombreux et surtout s’équipent aussi en WiFi. Je ne compte pas moins de 11 réseaux visibles depuis le bureau du haut. Les interférences sont donc nombreuses, et à chaque coupure électrique les routeurs redémarrent et changent de canal rendant impossible toute planification du réseau. Pour améliorer la couverture dans ma propre chambre (le point faible), j’avais donc ajouté un routeur en relai WiFi WDS. Bien que fonctionnel, les débits sont catastrophiques et la fiabilité de la connexion aléatoire.

TP-Link WR941ND routeur WiFi (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/TL-WR941ND-V5-03 NULL.jpg)D’un autre côté j’avais dans un placard un routeur plus récent avec 3 antennes sensées lui donner une meilleure couverture. Le problème, c’est que pour une raison inconnue, il ne fonctionnait pas bien avec l’iPhone et l’iPad de mon épouse… Après plusieurs tentatives de configuration infructueuses je décidais donc de tenter le tout pour le tout en remplaçant le firmware d’origine du fabricant par un logiciel interne libre basé sur Linux : OpenWRT. D’autres solutions existaient telles que DD-WRT, mais OpenWRT me semblait offrir plus de flexibilité et de possibilité de paramètrage pour régler mes problèmes.

Ma première expérience n’était pas ce qu’on peut appeler une réussite. J’ai commencé par installer la dernière version officielle d’OpenWRT, Attitude Adjustment sortie en avril 2013. Après un redémarrage hésitant, j’arrivais à configurer le routeur via l’interface web LuCI et lui installer quelques modules supplémentaires (SSL, sudo…). Il fonctionnait parfaitement entre mon réseau local et mon poste de travail. Mais voilà, voulant faire mon malin, je lui envoie une commande “reboot” et là plus moyen de reprendre la main! J’essaye toutes les procédures de failsafe possible (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/doc/howto/generic NULL.failsafe), la documentation ne correspondant pas toujours au comportement de mon routeur, mais rien n’y fait, impossible de me connecter. Après une bonne journée à chercher dans toutes les directions, je tombe enfin sur un billet dans un forum qui explique que la version que j’ai installé à un bogue et que dès qu’un des ports ethernet est physiquement connecté, le routeur ne démarre plus correctement! Un peu gênant pour un routeur sensé être en production. Effectivement, en démarrant le routeur sans aucun câble relié, tout redevient normal.

LConfiguration WiFi OpenWRT (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/OpenWRT_WR941ND_Wifi NULL.png)a solution c’est d’utiliser une version plus récente d’OpenWRT, une version dite trunk (http://downloads NULL.openwrt NULL.org/snapshots/trunk/) c’est-à-dire en cours de développement. Le risque c’est qu’elle soit instable car insuffisamment testée. Avec cette version installée, le routeur fonctionne normalement mais un nouveau problème se pose c’est l’absence d’interface web LuCI pour la configuration. En principe pas de problème car on peut installer des modules supplémentaires via le gestionnaire de paquet opkg (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/doc/packages). Sauf que mon routeur n’ayant de 4Mo de Flash, la place est insuffisante! En effet, quand on installe des modules a posteriori, ils sont plus volumineux que ceux intégrés au firmware car ce dernier est compressé (voir les systèmes de fichier SquashFS et JFFS2 (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/doc/techref/filesystems)).

Je me décide donc à compiler ma propre version de OpenWRT avec je l’avoue pas mal d’appréhension. Les documentations sont un peu plus succinctes et le risque c’est de me retrouver avec un routeur bricked totalement inutilisable et potentiellement bon pour la poubelle. Je crée donc une machine virtuelle VirtualBox sous Debian dans laquelle j’installe l’environnement de développement et tous les paquets nécessaires (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/doc/howto/buildroot NULL.exigence). Ensuite je télécharge les fichiers source d’OpenWRT et je commence la configuration du make et je lance la compilation (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/doc/howto/build). Choisir les modules à intégrer n’est pas simple car ceux-ci sont parfois obscures et pas trop documenté. Finalement mon choix ne s’est pas avéré trop mauvais et un seul élément sera superflu (luci-mod-failsafe) mais désactivable dans l’interface. La compilation (cross-compilation vers une architecture RISC MIPS) est plutôt longue et a pris environ 5 heures sur mon iMac Core 2 Duo (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/2013/06/07/reparation-de-mon-imac-intel-early-2008/) qui n’est plus de première jeunesse. A la fin un fichier “.bin” d’une taille d’environ 3,2 Mo est produit. Quelques ultimes hésitations et vérifications puis je le transfert dans la RAM (32 Mo) de mon routeur pour le flasher via la procédure de sysupgrade (http://wiki NULL.openwrt NULL.org/doc/howto/generic NULL.sysupgrade). Je ne vous cache pas mon soulagement quand le routeur démarre correctement et qu’il devient accessible via la ligne de commande SSH et l’interface web!

Statistiques OpenWRT (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/OpenWRT_stats NULL.png)A l’usage, c’est vraiment un régal. D’une part j’ai résolu mes problèmes de couverture WiFi en poussant la puissance à 23dBm et les débits sont excellents. D’autre part j’ai enfin toute la latitude de configuration que je souhaite et je dispose de statistiques et d’outils de monitoring qui me permettent de savoir ce qui se passe sur le réseau. L’accès au routeur est toujours très réactif et même en chargeant totalement l’accès internet fibre optique (limité à 12Mbps c’est vrai), le routeur ne dépasse pas 5-10% de charge dont la moitié doivent être pris par le moteur de stats lui-même.

Le RF-Clipper de DF4ZS : l’arme de précision pour la BLU

Voici un troisième article issu de ma collaboration avec Radioamateur-Magazine. Un petit commentaire pour ceux qui sauteront tout de suite à la conclusion, c’est que bien que mon TS-590s comporte un excellent circuit de “Speech Processor”, j’utilise toujours le RF Clipper en combinaison avec le Turner +3B qui m’offre de bien meilleurs résultats. On est dans le domaine du subjectif, mais en tous cas j’y crois!

Le RF Clipper de DF4ZS
Une BF sur mesure pour le DX et les pile-up

On parle beaucoup d’antennes et de transceivers, mais on oublie qu’en phonie pour la transmission, le premier élément c’est le micro et le traitement du son. Pour pouvoir être clairement discernable dans le bruit et le QRM, votre audio doit être absente de tout son parasite, faire clairement ressortir les syllabes mêmes plus faibles et mettre en relief la partie du spectre audio la plus efficace pour la transmission bande latérale unique tout en s’adaptant aux particularités de votre voix.

Petits retours sur la « théorie »

Courbe Réponse RF Clipper DF4ZS (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/B2_Courbe_reponse NULL.jpg)En modulation d’amplitude, que ce soit en classe A3E (AM) ou J3E (BLU), la difficulté est d’avoir un niveau de modulation optimale garantissant à la fois une efficacité maximum et l’absence de distorsion. En A3E c’est ce qu’on appelle le taux de modulation de la porteuse, qui peut-être amélioré par différents moyens dont le compresseur audio et qui doit être contrôlé le plus souvent par un oscilloscope. En J3E, ce niveau de modulation est dépendant du niveau de la BF. Il est généralement contrôlé par le système ALC de votre transceiver et son optimisation passe par la mise en action d’une fonction nommée de manière assez sibylline « Speech Processor » (Traitement de la parole) ou « Compressor ».

En BLU, un gain BF du micro trop faible fera que votre émetteur ne sortira pas toute la puissance possible. Un gain trop élevé peut parfois être pire encore car il créera un étalement du spectre (je reviendrai sur le mécanisme exact plus tard) sur plus que les 2,4KHz habituels diminuant l’efficacité de votre transmission (étalement de la puissance inutile), diminuant l’intelligibilité de votre parole et ennuyant vos voisins (les biens connus « splatters » comme sur les amplificateurs 1kW mal réglés).

Avec un générateur deux tons comme source du signal BF, l’écart idéal entre la puissance moyenne transmise et la puissance crête est de 6dB. En pratique, sans traitement avec de la parole on est plus proche de 40dB. Ce qui veut dire qu’un poste BLU prévu pour 100W crête sortira au mieux 25W en moyenne. Si vous faites « aaaaaaahhhh » devant le micro et que votre wattmètre (non PEP) indique plus de 25W c’est qu’il y a manifestement un problème!

Le but, vous l’avez bien compris c’est d’augmenter le niveau moyen de puissance transmise d’une part en faisant que sur le « aaaaahhh » vous sortirez bien 25W ni plus ni moins, et que toutes les parties de votre discours seront transmises au niveau de BF optimal même si votre voix, elle, varie d’intensité.

Les solutions

Depuis le développement de la radiotéléphonie d’abord pour la radiodiffusion puis pour les communications, de nombreux techniciens se sont penchés sur le problème.

En AM on a trouvé une solution par l’utilisation de compresseurs audio. Un compresseur est en fait un amplificateur à gain variable dont le gain est asservi sur le niveau audio en sortie. Un compresseur efficace doit savoir « prédire » quel sera le gain juste pour la prochaine syllabe. Possible pour de la musique, vous vous douterez que c’est une mission difficile voire impossible si l’OM à une diction très variable. On a toutefois des systèmes qui fonctionne très bien et un circuit intégré comme le SSM2167 (remplaçant du SSM2165) d’Analog Device remplit très bien ce rôle.

Pour la BLU ce système est le plus répandu aujourd’hui, chaque équipement intégrant cette fonction avec plus ou moins de raffinement. Avec une implémentation en DSP soignée on s’approche de l’idéal au prix d’un léger retard dans la transmission, pas gênant en broadcast mais à éviter en communication. Le problème c’est qu’il occasionne parfois des pics de surmodulation car l’amplificateur n’a pas encore eu le temps de s’ajuster après une période de silence par exemple. Il peu aussi inutilement amplifier les bruits ambiants s’il n’est pas équipé d’un « noise gate » fixant un seuil aux signaux à amplifier. C’est un mieux mais pas l’idéal. A noter qu’un bon opérateur phonie ayant un bon micro (accentuant les plages de fréquences utiles à la parole) une diction claire et posée peut obtenir de très bon résultats avec un compresseur. Le problème c’est que dans la vraie vie on a tous tendance à hausser ou baisser le ton suivant les circonstances. En particulier après une heure passée à appeler un DX rare le contrôle de sa voix de vient plus hésitant.

D’autres solutions techniques existent comme les « Clipper » (écrêteurs) ou encore « Split-band clipper » (écrêteurs par bandes). Un clipper va amplifier le signal audio et l’écrêter au niveau désiré pour obtenir un taux de modulation optimal. Fonctionnant plutôt bien pour l’AM, ce système est une catastrophe en BLU. En effet, en écrêtant les signaux on transforme des sinusoïdes en signaux carrés. Ces signaux carrés sont riches en harmoniques et le signal HF modulé par ceux-ci va être très très étalé. Tant l’intelligibilité que l’efficacité spectrale qui en résultent sont très loin de l’idéal.

En découpant la BF en plusieurs bandes puis effectuant le clipping sur chaque bande et en les ré-assemblant à la fin on diminue cet effet et on optimise l’amplification sur les parties désirables du spectre audio. C’est aujourd’hui semble-t-il la solution la plus répandue dans l’industrie et pour la radiodiffusion en particulier. Je dis bien qu’on diminue seulement l’effet, et c’est pour ça que beaucoup de « Speech Processor » intégrés aux transceiver du marché ont une efficacité limitée. Ils augmentent bien le niveau de HF transmis moyen mais ils sacrifient l’intelligibilité.

Et alors, c’est quoi la bonne solution ?

La bonne solution a été étudiée dans QST dès 1967 William Sabin, W0IYH, puis 1969 par Harold G. Collins, W6JES. Il s’agit du « RF Clipper », qui effectue l’opération d’écrêtage sur un signal HF modulé et non plus sur la BF. Quel avantage ? Une suppression des harmoniques indésirables. Comment ? Je vais vous l’expliquer.

  • Première étape, vous filtrez grossièrement la BF pour supprimer les fréquences trop basses ou trop hautes (la bande idéale pour le DX par exemple va de 300Hz à 2400Hz).
  • Deuxième étape, avec l’aide d’un mélangeur équilibré (un NE602 est très bien), vous mélanger cette BF et un signal 455KHz (ou une autre FI de votre choix comme 5 MHz ou 10,7MHz) pour créer un signal DSB à 455KHz.
  • Troisième étape, vous écrêtez ce signal 455KHz au niveau désiré.
  • Quatrième étape, vous filtrez ce signal pour réduire les harmoniques indésirables. Effectuer ce filtrage sur une FI est plus facile que sur la BF car les produits d’intermodulation sont plus écartés du signal désiré et tombe plus facilement hors de la bande passante du filtre.
  • Cinquième étape vous démodulez ce signal pour revenir à une BF et supprimer là aussi harmoniques et produits d’intermodulation qui tomberont hors de la bande du signal de sortie.

Schema RF Clipper DF4ZS (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/B1_Schema NULL.jpg)Un RF Clipper doit donc comporter un amplificateur, un oscillateur, deux mélangeurs équilibrés, des filtres passe-bande et un système d’écrêtage. Cela en fait un système relativement complexe, délicat à mettre au point et donc coûteux. C’est pour cela que peu de matériels commerciaux l’intègrent. A la différence des systèmes précédemment cités qui intéressent aussi les professionnels, seuls les radioamateurs férus de DX en BLU ont besoin du RF Clipper. Une implémentation en DSP est en théorie possible, mais apparemment personne ne s’y est penché…

Aujourd’hui, dans les gammes de produits grand public, il semblerait que seul Kenwood ait implémenté par le passé un RF Clipper sur ses transceiver haut de gamme. Des équipements externes en tant qu’accessoires sont aujourd’hui disponibles chez Ten-Tec, Idiom Press et bien entendu DF4ZS…

A utiliser avec modération

Avant de rentrer dans le détail du RF Clipper de DF4ZS, il faut noter qu’un tel circuit permet aussi de modifier la voix de l’OM. En effet, en agissant sur la fréquence de la FI on vient modifier la réponse du filtre passe-bande et donc changer la tonalité de la voix. Ce réglage existe aussi sur les transceiver Yaesu.
En augmentant le niveau d’écrêtage, on va aussi faire monter le niveau moyen, mais ceci se fait au détriment de la qualité.

Tout cela pour dire qu’un RF Clipper mal réglé peut vite produire une voix trop métallique et plus du tout naturelle! Peut-être qu’elle sera très efficace dans les pile-up pour sortir de la masse, mais la station DX qui vous entendra en sera pour ses frais.
Un réglage modéré doit permettre tout de même de reconnaître l’humain qui est de l’autre côté du micro tout en lui donnant toute ses chances de réussir un QSO.

Le RF Clipper de DF4ZS

DF4ZS RF Clipper modèle E (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/A1_Clipper_dessus NULL.jpg)Joachim Münch propose ses circuits de traitement du son depuis plus de 10 ans maintenant. Il a eu le temps d’en élaborer plusieurs versions pour tenter de résoudre difficultés techniques, de diminuer le prix et d’en améliorer le fonctionnement. Actuellement deux versions sont l’aboutissement de ce travail : le Type E et le Type PEP (http://www NULL.jwm NULL.de/afu/index0 NULL.htm).

Le type E (ou Mini E) est prévu pour être monté dans un microphone à main de type Yaesu MH-31 et ainsi apporter une aide considérable au trafic QRP avec un FT-817 par exemple. Il est disponible à 63,72€ plus port. A noter que Joachim effectue le montage sans frais si vous lui envoyez le micro.

Le type PEP est une version externe prévue pour être ajoutée sur n’importe quelle installation fixe. Il dispose d’un compresseur BF utilisable avec Clipper ou seul pour le trafic local, de tous les réglages en façade, de filtres BF optimisés ainsi que d’un bargraph pour faciliter le réglage du niveau d’écrêtage optimal. Il est disponible pour 152,65€ port en sus.

Ma préférence serait allée vers un kit, mais aucun n’était disponible en cette fin d’année 2010. J’ai par la suite découvert que Tim Walford de G3PCJ en proposait un pour le prix de 24£ mais peu de retour est visible sur internet à son propos.

DF4ZS ne souhaite pas proposer le RF Clipper en kit car il estime qu’une mise au point mal faite peut s’avérer catastrophique. Son expérience lui a dicté d’envoyer ses circuits tout assemblé plutôt que de gérer des OM mécontents.

RF Clipper DF4ZS Dos (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/A2_Clipper_dos NULL.jpg)J’ai donc choisi le modèle Type E car la différence de prix est significative. De plus, je n’ai pas besoin de potentiomètres en façade (rien de tel pour saccager un bon réglage) et mon microphone de table Turner +3B dispose déjà d’un bon compresseur. Je savais donc qu’un peu de bricolage serait nécessaire pour l’adapter à mon installation comportant ledit micro et un transceiver Yaesu FT-100.

Le colis est arrivé rapidement et correctement conditionné. Le paquet comporte la platine principale prêt à être montée dans un MH-31. Quelques composants supplémentaires sont aussi livrés pour le montage dans le microphone en « bypass » mais aussi activer si vous le souhaitez un étage préamplificateur pour utiliser avec une capsule dynamique telle que la HC-4 de Heil Sound. Une documentation succincte en 2 pages écrit serré vous donne les indications de montage en allemand et en anglais ainsi que le schéma complet.

A propos de la documentation, elle pourrait être améliorée. Toutes les informations sont disponibles et cela ne pose aucun problème pour l’OM qui a un peu d’expérience. Pour le débutant, il faudra peut-être se faire aider, même pour monter le circuit dans un microphone Yaesu. Les textes en allemand et en anglais diffèrent un peu, et les termes utilisés en anglais sont parfois ambigües. Le schéma est quant à lui correct, mais l’implantation étant un peu serrée, ce n’est pas toujours évident de s’y retrouver.

Pour mon besoin, il me fallait d’abord retirer la cellule électret installée d’origine sur la platine. Rien de bien complexe. Ensuite j’y raccordais mon micro d’origine et je faisais repartir le signal BF traité vers le transceiver via quelques connecteurs et commutateurs pour retrouver un signal « pur » en cas de trafic local.

Tout comme le FT-817 le FT-100 fournit une tension d’alimentation sur le câble micro. Au lieu de +5V sur le FT-817 elle est de +9V sur le FT-100. Un peu trop pour le circuit RF Clipper qui n’accepte au maximum que 8V. J’ai donc ajouté un régulateur basse consommation 78L05 avec une diode 1N4001 entre sa patte centrale et la masse pour porter la tension å 5,7V. A noter que ces lignes d’alimentation micro sont prévues en principe pour alimenter les encodeurs DTMF, n’y connectez rien qui consommerait plus de 10mA, vous pourriez griller une résistance interne au transceiver et l’endommager irrémédiablement.

Pour finir, j’installais le tout dans un boîtier temporaire que j’avais sous la main. C’est un boîtier en plastique, mais le définitif sera celui d’un système de mémoires vocales (Voice Keyer) tout en métal. C’est mieux pour les risques de retours HF.

Mise sous tension et vérification des tensions : rien à signaler. Je passe donc à la mise en fonction du Clipper en transmettant à basse puissance sur une charge 50Ω. Le niveau de sortie BF doit être monté au maximum et le gain micro du FT-100 augmenté pour obtenir un réglage d’ALC correct. Je m’écoute ensuite sur un récepteur secondaire (le vaillant Bitx) et la modulation est bonne, dur de se juger soi-même mais en tous cas c’est compréhensible. Je fais différents essais de gain micro sur le Turner +3B pour finalement revenir à ceux d’avant. Je passe ensuite en émission sur l’antenne toujours à 10W et je m’enregistre avec le logiciel PowerSDR en réception sur le SoftRock. Je m’écoute avec différents réglage pour finalement revenir à ceux d’origine encore une fois. L’effet bénéfique du Clipper est audible et la modulation me paraît très bonne. Allons-y pour un test sur l’air!

Il est déjà un peu tard et la propagation moyenne. Je trouve tout de même un copain JA qui arrive très fort sur 20m. Tout de suite, celui-ci me fait remarquer avec beaucoup de patience que la BF est très « puissante » mais qu’il y a manifestement un problème. Je le constate aussi sur l’ALC et sur le wattmètre. Je passe sur 17m et 15m et là le problème disparaît. Ce n’est pas une nouveauté, j’ai un problème de retour HF sur 20m car ma ligne de transmission fait juste une demi-onde. Deux solutions : ajouter des ferrites et/ou trouver un boîtier acier. Il est tard, on verra ça demain.

Le lendemain pas trop le temps de bricoler, alors je me renseigne et j’étudie le problème et regardant ce qui se dit à propos des retours HF et surtout leurs solutions. La cause je la connais : je suis à 10m du sol donc ma terre HF est mauvaise, de plus ma ligne fait une demi-onde sur 20m et elle est quasi verticale sur 75% de la longueur. Des baluns n’y font rien ou presque…

Soudain, je ne sais plus trop comment, mais la solution devient claire (ou presque) : c’est moi qui par négligence ai mal filtré mon régulateur d’alimentation. Je rajoute donc une bonne capa de filtrage (2200µF) et des capas de découplage 100nF avant et après. Par acquis de conscience j’ai tout de même mis quelques grosses perles de ferrite sur le câble du Turner +3B (merci Malcolm VK6LC pour le cadeau). Et là fier d’avoir vaincu ma propre bêtise je savoure une audio exempte de tout intermodulation. En effet, c’était juste le 78L05 qui s’était transformé en étage mélangeur.

Et en pratique

Je ne vais pas vous dire comme certains « ça m’a donné 2 points S de plus chez le correspondant », je n’ai pas fait de comparaison A/B car d’autres personnes l’ont déjà fait auparavant et validé l’intérêt de la technique.

RF Clipper DF4ZS Modèle PEP (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2014/03/C1_PEP NULL.jpg)Ce que je peux vous dire, c’est qu’immédiatement mes premiers correspondants m’ont fait remarqué la qualité de ma BF, mais j’avais déjà parfois eu ce compliment. Nos signaux étaient corrects (55 réciproquement) mais les OM européens souffrent souvent d’un bruit statique ou d’un QRM atteignant S5. Là plusieurs m’ont fait remarqué que mon signal passait facilement au dessus du QRM, et ça c’était tout nouveau. Plus besoin de répéter trois fois mon indicatif!

Je pense aussi avoir pu faire quelques QSO dans de pile-up et qui n’auraient pas été possible auparavant. En particulier l’Afrique reste difficile pour moi car à plus de 10 000 km et souvent les stations sont tournées vers l’Europe. Les stations européennes arrivant bien plus fort que moi avec mes malheureux 100W et ma verticale, j’ai beaucoup de mal à me faire entendre même si la propagation m’avantage. Ces deux dernières semaines j’ai contacté 5H1Z et 3B8/EA3WL à chaque fois dans des conditions qui ne m’étaient pas favorables en principe.

En conclusion, je dirais que ce circuit est indispensable à tout opérateur QRP. Il fera le bonheur d’un propriétaire de Bitx, Bingo ou Forty. C’est aussi un atout non négligeable pour tout DXer sérieux en SSB, il apporte le petit plus qui fait la grosse différence dans les pile-up, que vous utilisiez 100W ou 1KW.

Aujourd’hui la plupart des transceiver moyenne ou haut de gamme récents comportent des circuits de traitement du son par DSP sur une FI qui sont plutôt de bonne facture. Pour les propriétaires de ceux-ci la différence se fera peut-être moins sentir surtout si en plus ils disposent déjà d’un bon micro. Beaucoup de DXer de pointe semblent toutefois ne jurer que par le RF Clipper analogique… à vous de juger mais le budget reste tout à fait abordable et l’essayer en vaut la peine.

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An-Sof vue (http://xv4y NULL.radioclub NULL.asia/wp-content/uploads/2012/08/logperiodic NULL.png)Louis Bergman de Golden Engineering m’informe d’une offre très intéressante sur leur logiciel de modélisation d’antennes (http://www NULL.antennasoftware NULL.com NULL.ar/). La version Professional de AN-SOF 3.5 est disponible pour 49$ (soit -75% de réduction) jusqu’au 7 mars.

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